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On n’est pas des jambons quand même !? Il faut vraiment être très bête ou politicard pour ne pas se rendre à l’évidence. Les véhicules que nous conduisons aujourd’hui polluent et consomment beaucoup plus que prévus. Il n’y a qu’à comparer la consommation des voitures énoncée sur la brochure et la consommation réelle – celle qu’on paye en vrai à la pompe – pour se rendre compte de l’écart. Donc mécaniquement si je consomme plus, je pollue plus. Et encore je pense que ce n’est que la partie émerger de la pomme de terre.

Il faut aussi regarder le chemin parcouru. Ces véhicules consomment énormément moins qu’avant alors même qu’ils embarquent beaucoup plus de fonctions (clim, abs, esp, airbag, pré-tendeurs…) tout en étant aussi moins dangereux en cas d’accident.

Mais sur fond de scandale VW, je vous propose un petit tout d’horizon des magouilles des constructeurs pour passer les tests anti-pollution avec le sourire.

Certains de ces points concernent directement le moteur et sa consommation de carburant, d'autre sont des postes de consommation électrique. Mais qui dans l'utilisation réel se répercutent immédiatement sur la consommation de carburant. Si vous allumez la radio par exemple, l'alimentation électrique de votre radio vient de l'alternateur de la voiture, qui lui est entrainé par le moteur. Plus vous chargez la mule, plus l'alternateur va être dur à entrainer et donc plus le moteur va consommer. Alors on est bien d'accord que le poste de radio ne consomme pas énormément mais certains postes consomment plus.
  • Les voitures sont optimisées pour le cycle de test. Les constructeurs s’arrangent pour que le niveau de pollution des voitures rentre dans le cadre du cycle qui va être testé. Le reste rienafoute. Bah oui comme certains disent : si vous connaissez le sujet du bac à l’avance est ce que vous allez réviser tout le programme ? Donc tout dans la voiture est conçu autour de ce test ; les régimes moteurs, les étages de boîte de vitesses, les températures de fonctionnement, la pression atmosphérique…
  • Les véhicules envoyés au banc d’essais sont toujours les plus léger possible et avec le moins d’options possible. Adieu l’abs, l’esp, les vitres électriques… Et même si ces options sont de série sur la voiture, elles pourront potentiellement être enlevées pour l’occasion.
  • Oubliez aussi le liquide lave glace et autre – l’essence sur la réserve. Tous niveaux au mini, l’huile, l’essence, liquide de frein…
  • Les phares ne sont jamais allumés, les essuies glaces non plus et ne parlons pas de la clim.
  • La température du laboratoire de test est de l’ordre de 20°. La voiture est stockée dans ce laboratoire pendant au minimum 6h. Donc très proche des températures optimales de fonctionnement.
  • L’huile moteur est fluide, ultra fluide, beaucoup plus fluide que ce que vous n’auriez jamais trouvé chez auto-blaireau le spécialiste de la pièce auto.
  • Sur le banc de test (le banc à rouleau) les roues sont fixes et ne tournent donc jamais. Les constructeurs optimisent leurs directions assistées pour qu’elles ne consomment rien si le volant est fixe. Ce n’est pas plus mal mais le test est irréaliste.
  • Les pneus sont sur-gonflés. Tellement que sur autoroute ça en deviendrais dangereux. Tout ça pour limiter la friction avec le banc de test.
  • L’alternateur (la bobine qui recharge la batterie) peut aussi être débranché. Alors tout va bien sur un test de 30 min mais dans la vraie vie quand la batterie est déchargée, la voiture s’arrête. La ça pollue plus du tout pour le coup.

Au-delà de ces petits arrangements avec la loi – si on donne une marge de manœuvre aux industriel, on ne peut pas leurs en vouloir de s’y glisser – cette liste non exhaustive de contournements nous donne un aperçu de la difficulté de mettre en place un cadre légal à ces tests antipollution. Mais surtout ce qui est le plus frappant dans cette méthode de calcul c’est la total déconnexion de l’homologation avec la vie réelle. Bien sûr que les véhicules doivent être testés en cycle aléatoire et toutes options en marche. Et bien sûr les constructeurs vont hurler. Mais le but étant non pas de les fusiller mais de leurs donner un but à atteindre. Un but qui tous les ans soit plus contraignant en fonctionnement réel et si certaines modèles ou n’y arrivent pas ils devront disparaitre.

Alors évidement faire disparaitre par une trop forte législation des modèles ou à terme des marques n’est pas souhaitable car au-delà des entreprises se sont des salariés qui ont un emploi et qui doivent vivre. Mais c’est bien moins déraisonnable que de se risquer une plus grande crise économique induite par un changement climatique ou par une trop grosse dégradation de notre environnement. Il n’existe aucune modèle économique viable sans oxygène.

Sources :

 

  1. C dans l’air du 13/10/2015 à 1h 5min
  2. C dans l’air du 23/09/2015
  3. Auto moto – Jean Luc Moreau
  4. Auto Plus – Pierre Taylor
  5. Plus d’informations au sujet des tests d’homologation, des aberrations en pratique et des références utilisées –
  6. Présentation du cycle d’homologation NEDC – Guillaume Darding
  7. Consommations : pourquoi elles sont fausses