Voici un très long article sur la réalisation de notre salle de bain. Ces travaux devaient durer 10 jours. Cela nous a pris près de 2 mois ! Voici un petit bilan de ce chantier. Des petites astuces si vous souhaitez faire la vôtre aussi et des conseils pour ne pas reproduire les mêmes erreurs. Cet article porte uniquement sur la partie douche. Un autre article suivra bientôt pour la partie lavabo.

Nous souhaitions remplacer la baignoire par une douche à l’italienne, mais pas de pleins pied. C’est à dire que notre douche comportera une marche pour y accéder.

Voici quelques photos de la salle de bain avant les travaux.

IMG_0895 IMG_0896 IMG_0897

Pour commencer j’ai cassé toute la partie baignoire existante. C’est relativement rapide, en une journée c’est pliée. Je découpe la baignoire en deux car c’est plus simple à transporter quand on est tout seul, ça passe mieux dans les couloirs de l’immeuble et puis c’est plus simple pour la rentrer dans le coffre d’une Twingo.

IMG_0900IMG_0906 IMG_0908 IMG_0909

Plus qu’un disque en stock ce jour-là, je vais l’user jusqu’à la corne et les premiers sacs de gravas qui arrivent.

IMG_0903 IMG_0902

Je ferme le robinet d’arrivée d’eau de l’appartement et je démonte la robinetterie. J’en profite pour couper et ressouder les arrivées déconnecté. Comme ça on peut tout de même utiliser l’eau pendant les travaux.

IMG_0905

Je fais sauter tout ce qui vient facilement sur le mur. Et je rebouche avec de l’enduit/colle multifonction.

IMG_0911 IMG_0912 IMG_0914 IMG_0915

Ensuite je commence à faire les saignées dans le mur pour passer les tuyaux avec un perforateur.

IMG_0924 IMG_0925 IMG_0926

Puis les brasures des premiers tuyaux de cuivre. Et c’est là que notre première galère commence. Et vous allez voir que c’est finalement en voulant trop bien faire que parfois on se plante. Évidement je gaine les tuyaux de cuivre pour les protéger. Le cuivre est un métal assez tendre qui va mal supporter les agressions de l’enduit de rebouchage ou du plâtre s’il est en contact direct donc il vaut mieux le recouvrir.

IMG_0929  IMG_0940IMG_0932

Voici les premières soudures et c’est là ma grosse erreur. J’ai soudé l’ensemble au chalumeau acétylène + oxygène. J’ai utilisé des baguettes cuivre phosphore. On sectionne les tuyaux avec un coupe tube, puis on les ponces avec de la toile émeri. Mais j’ai rajouté sur mes tubes de la pâte décapante au moment de la soudure. Elle était marquée comme cuivre/laiton pensant que c’était de la pâte pour souder à la fois le cuivre & cuivre, le laiton & laiton et le cuivre & laiton. En fait pour le cuivre & cuivre elle est complètement inutile voire carrément contre-productive. Elle rendait toutes mes soudures poreuses. J’ai dû tout déposer et tout refaire ! Voici les photos avant. Je me suis rendu compte que mes soudures étaient poreuse car une vert de gris s’y déposait (Toutes les 6h environ).

IMG_0950 IMG_0954 IMG_0955 IMG_0957 IMG_0958

Et voici les photos après. Vous pourrez constater que les précédentes soudures sont très sombre et paraissent irrégulières. Les suivantes sont beaucoup moins larges et plus douces dans la couleur. La présence du décapant sur les premières soudures m’obligeait à chauffer beaucoup plus et la brasure se répartissait mal. Sans décapant c’était beaucoup plus simple. Vous constaterez aussi que j’ai réduis l’usage des coudes afin de limiter le nombre de soudures et ainsi réduire les risques de fuite ce que je n’avais pas fait dans mon premier essai. J’ai aussi pris la précaution de ne pas faire de soudures au sol car une dalle un béton vient au dessus et toutes fuites serais une catastrophe. J’ai au final perdu 2 jours et 4 m de cuivre. Même si cela ne se voit pas sur les photos j’ai évidemment remis mes gaines sur les tuyaux.

IMG_0965 IMG_0966 IMG_0967 IMG_0963 IMG_0964

Notre pommeau de douche est de type encastré dans le mur (comme l’ensemble de la plomberie d’ailleurs). J’ai donc soudé sur un coude en laiton des tiges en laiton elles aussi afin de renforcer la structure et éviter que l’ensemble du poids soit porté sur le tube en cuivre. Cette fois ci j’ai dû utiliser la patte décapante.

IMG_0971IMG_0972IMG_0978 IMG_0973  IMG_0981 IMG_0982 IMG_0985IMG_0987

Le trépied en laiton est pris dans l’enduit de rebouchage mais pour être sûr qu’il ne bouge pas et pour bien régler sa position en attendant cette opération j’ai décidé de percer le mur et de le boulonner de l’autre côté.

IMG_0988 IMG_0986

J’en ai profité pour faire la même opération sur le tube d’alimentation de la petite douchette.

IMG_0952 IMG_0949IMG_0984

Puis j’ai commencé le coffrage pour le receveur de douche en béton. Et là autant vous dire que ça a été la catastrophe pour le béton erreur de dosage, surdosage, bref la total ! Quelques photos du premier coffrage et déjà on peut voir que c’est grand, trop grand. Mon receveur de douche devait se trouver à +/- 20 cm de hauteur pour près de 1 m². Un petit calcul rapide devrait vous faire comprendre que cela représentait beaucoup de béton. Mais bon c’était collé à un mur porteur et ayant demandé de l’aide à mon oncle et son fils pour venir m’aider un samedi, pas trop le temps de cogiter une autre solution. Fais dans l’urgence = erreur assurée.

J’avais tout de même rajouté une gouttière en pvc au-dessus des tuyaux et quelques blocs de polystyrène pour réduire un peu la quantité de béton.

 

IMG_0997 IMG_1004 IMG_0994IMG_0998IMG_0999IMG_1010IMG_1001

J’ai acheté un maxi bidon bleu de je ne sais pas à quoi ça sert dans la vrai vie mais bon ça me fera une bétonnière improvisé. Avec un malaxeur au bout d’une perceuse et du béton près-mélangé ça marchais plutôt bien. J’arrivais à mélanger 3 sacs de 35 kg en une fournée.

IMG_1006 IMG_1008

Donc va pour 12 sacs de béton de 35 kg soit prêt de 500 kg de béton (avec l’eau qui ne s’évapore pas mais fusionne avec le ciment). Complètement conne cette idée. En plus pour parfaire le tableau je me dis que je vais ajouter un additif hydrofuge dans le béton pour être bien sûr que l’eau ne puisse pas passer. (Pour être bien sûr que ça foire surtout) car j’ai fait mes calculs d’additifs pour un volume de béton et non pas un volume de ciment. Le béton est un mélange de ciment, sable et cailloux. Donc forcément pour un sac de 35 kg de béton par exemple il y a beaucoup moins de ciment. Donc trop d’additif. Et pour finir je me suis rendu compte en consultant la notice du béton sur internet qu’il contenait déjà un additif hydrofuge. Autant vous dire que niveau chimie du béton on était loin du compte.

IMG_1011 IMG_1012 IMG_1014 IMG_1016 IMG_1018

Je laisser sécher ce futur échec pendant 48h. Et là c’est le drame, rien n’a pris. La consistance était plus proche de la terre compacté et finalement si la partie extérieur ressemblai à du béton. Rien ne tenais de plus on avait beau avoir vibré le béton par des petits coups de truelles et de taloche, le mélange n’était ne s’était pas fait en hauteur. Il séchait très rapidement, trop rapidement. Il commençait à tirer au bout de 20mn au lieu d’une heure.

IMG_1038 IMG_1042 IMG_1044 IMG_1030 IMG_1031

J’ai dû tout déblayer pour recommencer. Dans mon malheur j’ai eu de la chance. Le film de polyane (le truc bleu) à contenue cette immondice. Et devoir tout refaire m’a permis de mieux m’y prendre et surtout en plus léger.

IMG_1044 IMG_1047 IMG_1048

On recommence, un coffrage plus simple, sans les murets intégrés. Une grande partie du béton à faire a été remplacé par deux couche de 6 cm polystyrène extrudé (plus dur que l’expansé) pour soulever la structure de 12 cm.

IMG_1064 IMG_1065 IMG_1068 IMG_1070 IMG_1072 IMG_1073

Toujours un film polyane. Je rajoute aussi une armature en métal. Et des pitons sont pris dans le mur et viser sur des tiges filetées. De cette manière ma chape de béton reste solidaire (un peu) du mur. J’ai rajouté aussi sur les bords du coffrage des guides en bois pour avoir une idée de ma pente.

IMG_1077IMG_1094IMG_1083IMG_1079IMG_1080

Je prépare mon béton. Sans additif cette fois ci et je laisse aussi un accès au raccord de l’évacuation de la douche. Ce qui est beaucoup mieux que dans mon premier essai. Et je décoffre. C’est beaucoup mieux niveau aspect et surtout la chimie est parfaite cette fois ci. En revanche sans l’additif c’était beaucoup plus dur de préparer le béton. Je n’arrivais qu’à réaliser un sac par un sac dans le bidon bleu. En revanche il tirait beaucoup moins et c’était beaucoup plus facile à lisser il ne séchait pas aussi rapidement.

IMG_1095 IMG_1096 IMG_1101 IMG_1102 IMG_1103 IMG_1105IMG_1106

Ensuite je commence à monter le petit muret sur le côté. Je fais des rainures dans le sol avec une disqueuse pour que la colle à carreaux de plâtre tienne. Je fais aussi des saignées dans le mur pour que l’ensemble soit solidaire avec la colle et pas uniquement en appuis sur le mur. De plus je rajoute des pattes métalliques tordues entre les carreaux et vissé dans le mur. Je fais rabats et je scotch le film de polyane.

IMG_1116IMG_1118IMG_1119IMG_1120IMG_1121IMG_1115IMG_1125IMG_1127IMG_1130 IMG_1132 IMG_1133 IMG_1135

J’en ai profité aussi pour rajouter un petit coup de SikaFlex entre mes carreaux de plâtres et mon receveur en béton.

IMG_1136

Puis on arrive sur une autre catastrophe. En voulant trop bien faire (pas sûr que cette excuse me sauve encore). Et aussi en suivant les conseils à droite à gauche. Je me décide à enduire les murs d’une sous couche d’étanchéité sous carrelage. C’est un produit qui se passe au rouleau sur les murs et les carreaux de plâtre. Mais à la fois le produit était étrange et je pense mon manque d’expérience combiné on fait qu’il n’a pas tenu. Il faut en fait que les murs soient complètement poncés et les carreaux de plâtre aussi. Ce produit n’aime pas les surfaces trop lisses. Mais les surfaces trop poreuses… il n’aime pas trop non plus.

IMG_1146IMG_1142IMG_1144   IMG_1145

Je me suis rendu compte que le produit n’adhérais pas et même si par endroits il tenait un peu quand même. J’avais complètement perdu confiance en lui. Donc je décolle ce qui vient et je fais sauter au couteau américain le reste sur les murs. Deux jours de perdu (sans compter le temps d’application du produis.

IMG_1150IMG_1153IMG_1164  IMG_1149IMG_1170

Puis après tout ça on nettoie tout et on dépoussière bien les surfaces. N’hésitez pas acheter ces petites brosses qui s’adaptent sur les aspirateurs. Ça m’a bien aidé quand même.

Et je me lance dans le carrelage du receveur de douche, ça y est j’en vois le bout, bientôt la fin, ça commence à prendre forme. A une catastrophe près. Je fais ma colle à carrelage bien trop liquide (ensuivant d’un peu trop près les prescriptions sur l’emballage) et quand je pose mes nattes de mosaïque dessus. Elles s’enfoncent et la colle remontre entre les joints. En Catastrophe je me retrouve à enlever mes nattes et à les nettoyer sous l’eau pour enlever la colle. Sauf que l’eau décolle chaque petit carreau.

Et Je me retrouve au final à coller à la main tous les petits carreaux. Autant vous dire que je commençais sérieusement à douter de mes capacités. Évidement c’est beaucoup moins droit que quand on les colles par groupes mais le joint à finalement masquer pas mal les défauts.

IMG_1178 IMG_1179 IMG_1181

Puis le carrelage des murs. Pas de problème cette fois ci. La frise sur les murs et les carreaux sur les rebords des murets. Pas de problème. Juste c’est ultra chiant le carrelage.

IMG_1287 IMG_1182 IMG_1183 IMG_1187 IMG_1189IMG_1288

Puis le moment du jointage. Nous avions opté pour deux types de joints. Du joint ciment normal blanc pour le receveur et les mosaïques. Et un joint rouge Époxy pour les murs. Pas de problème non plus. Si ce n’est qu’à l’inverse de ce que l’on m’avait dit le joint Époxy a mis très longtemps à sécher. On m’avait mis en garde car il séchait très vite et qu’il fallait nettoyer au fur et à mesure car si on le laissait 20 mn il devenait dur et c’était la catastrophe. Mais celui-là à mis prêt de 7H à sécher. Mais j’ai conservé un échantillon test et il est bien devenu dur comme de la pierre. Donc je me ne m’inquiète pas.

J’ai commencé par le joint blanc et ensuite j’ai terminé par le joint rouge.

IMG_1337 IMG_1339 IMG_1342 IMG_1343 IMG_1348IMG_1355IMG_1349IMG_1350IMG_1351IMG_1353

IMG_1358

Puis j’ai réalisé une barre de douche en angle. Il existait des systèmes qui se fixent en angle mais il a une barre de reprise qui vient du plafond et je ne voulais pas de ce genre de système bas de gamme. Je me suis donc lancé dans l’aventure d’en créer une moi-même.

J’ai acheté un tube d’acier galvanisé. C’est très important de prendre de l’acier galva sinon il va rouiller. Ces tubes d’acier doivent être pliés avec une cintreuse hydraulique que j’ai louée pour l’occasion. Le mec de chez kiloutou m’a fait une ristourne si je lui déposais dans un autre centre dans Paris. Je crois qu’il voulait faire chier un de ces collège vu le poids de la machine.

IMG_1510 IMG_1513

Puis j’ai coupé et percé deux petits méplat en acier et décapé la partie à souder.

IMG_1514 IMG_1515 IMG_1516 IMG_1519 IMG_1521

Puis l’ensemble est soudé et fixé dans le mur.

IMG_1522 IMG_1523 IMG_1524

Et voilà le résultat final. Ne reste plus qu’à reboucher les trous, enduire et repeindre.

IMG_1525 IMG_1526 IMG_1527

Pour conclure, c’était forcément simple, surtout avec toutes ces galères en chemin. Évidement si je devais en refaire une autre demain je serais plus rapide et je ferais moins d’erreur. Je ferais peut-être même des choix stratégiques différents dès le départ. En tout cas je sais que c’est possible de se lancer de genre d’aventure et même financièrement ça a été très intéressant. Même en comptant le temps passé et les erreurs on est très loin d’un tarif professionnel et ce même si j’ajoute le prix de tous les outils que j’ai dû acheter (chalumeau, poste à souder, seau, truelles…) mais que je garde pour le reste des travaux de l’appartement.